Le Monde.fr : à la Une

Affichage des articles dont le libellé est idée politique du mois. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est idée politique du mois. Afficher tous les articles

16/03/2010

L'idée politique du mois 3 : le vote obligatoire ?


Arrivée en tête ce week end, grande gagnante des élections avec un taux record, c’est d’elle dont on parle le plus… l’ABSTENTION ! Bien qu’attendu, le taux d’abstention a battu un record pour des élections régionales.

C’est une phrase postée sur facebook qui m’a poussée à réagir : « A quand le vote obligatoire ? ». Pourquoi n’y a-t-on pas pensé plus tôt ?

Si on considère un certain point de vue, le problème de l’abstention à ces dernières élections viendrait du fait que les électeurs ne comprennent pas : on élit qui ? pour quoi faire ? ça m’apportera quoi ?
De là, deux conclusions ou plutôt trois : soit le système est trop complexe (ce qui pourrait aussi amener à débattre), soit l’électorat est idiot, soit il se désintéresse de la question politique. C’est seulement dans le dernier cas de figure que l’on pourrait envisager cette possibilité de rendre le vote obligatoire.
Je dis bien « pourrait », car il découle de cette solution d’autres problématiques. Dans le cas où le vote devient obligatoire, comment ferions-nous (qui ne sommes pas si bêtes finalement, si on ne vote pas, c’est pas forcément parce que le programme télé du dimanche est plus attirant que l’urne) pour exprimer l’insatisfaction générale face aux propositions politiques ou aux personnes politiques elles-mêmes ? « En votant blanc » me direz-vous. Oui, mais…

Le vote blanc n’est pas comptabilisé dans les scores, qui n’évoquent que les « votes exprimés ». Faut avouer quand même, comme le soulignait V., que ça ferait bizarre de dire que « blanc » a été élu au premier tour des régionales, avec la majorité absolue. Car le problème serait que tout les abstentionnistes d’alors votant blanc, plus tout ceux qui ont également voté blanc, personne ne serait élu.

Autre problème, si on ne donne pas de pouvoir au vote blanc, on le donne inexorablement aux extrêmes. Comme l’abstention dans le contexte actuel, le vote blanc non comptabilisé amènerait à élire, et peut-être au premier tour, des partis d’extrême droite notamment, comme le montrent les scores réalisés par ces partis marginaux, qui augmentent en cas de forte abstention. Le coup du « vote exprimé » une nouvelle fois, jouant en défaveur des partis de masse.

Peut-être que cela serait un véritable électrochoc pour la population, qui changerait alors de stratégie. Mais dans le cas où l’abstention est un véritable choix politique affirmé, c’est nier cette possibilité que de forcer l’électorat à voter par défaut. On est alors bien loin de la démocratie…
Et le jeu en vaut-il vraiment la chandelle ? Le risque semble trop grand. De plus, V. a raison lorsqu’il dit qu’obliger à voter, c’est aussi aller contre le principe libertaire de la démocratie (oui, nous nous confrontons avant, celui qui gagne a le droit d’écrire l’article…). Et puis si je vais pas voter, on me fait quoi ? On m’envoie en prison ? On me prive de mes droits civiques ? On augmente mes impôts ?

Le problème du scrutin semble alors insolvable par le vote obligatoire.

Il semble donc que ce n’est pas le scrutin qui pose problème, mais ce qui l’entoure. On parle de « crise de la représentation politique », « détournement de la campagne et de ses enjeux » rappelant tous les scandales se faisant jour alors (l’affiche du FN, le candidat PS « dangereux récidiviste », etc.) ainsi notamment que le déplacement du débat au niveau national.
Heureusement, une petite réforme comme on en a la recette en France, va supprimer tout ça, et en 2014, on n’élira plus des conseillers régionaux et généraux, mais des « conseillers territoriaux ».
De la poudre aux yeux ?
Et sur la question du vote obligatoire : serait-ce viable selon vous ? et comment le sanctionner ?
G.

02/02/2010

L'idée politique du mois 2: Le Conseil d'Etat



Comme je vous l'ai dit dans la première parution de cette rubrique, la suite logique à mon idée de mandat unique, et au problème profond de l'ambition personnelle et de l'égoïsme de l'Homme se trouve dans la création d'une sorte de Conseil d'Etat.

Non pas celui que l'on connait, mais un groupe, composé de trois membres élus pour un mandat unique. Dès lors, toute ambition de laisser une trace, de marquer de son nom l'histoire devient quasi nulle. Chaque réforme, chaque décision sera signée des trois membres, et émanera d'un conseil, pas d'un homme en particulier. Bien sur, les trios successifs feront tout pour "rester", mais l'ambition présente aujourd'hui sera tout de même en grande partie dénuée de sens. Chacun aura véritablement un désir de faire avancer le pays, le conseil représentera mieux l'ensemble de la population, puisque des membres de différents bords pourront cohabiter.
Ce système permettrait d'éviter la "tyrannie de la majorité" évoquée par Tocqueville dans son ouvrage "De la la démocratie en Amérique". En effet, c'est une des grandes dérives de la démocratie moderne, dite représentative ( la seule applicable...). Lorsqu'un président est élu avec 52% des voix par exemple, cela signifie que 48% de la population est en contradictions avec le décideurs. Est-ce là véritablement une situation démocratique?
Un conseil dans lequel jusqu'à trois bords politiques peuvent être représentés n'est-il pas plus proche du modèle pure de la démocratie? Le peuple ne serait-il pas mieux représenté, mieux écouté, et donc plus satisfait de la manière dont est gouverné le pays? Tout ceci est à méditer. Très difficile à mettre en place, tant les français sont attachés, quoiqu'on en dise, à leur "homme providentiel" ( De Gaulle, Charlemagne, Napoléon...) en qui ils savent vouer une confiance inouïe. Mais nul doute que c'est une piste intéressante, et que ce type de gouvernement saurait répondre aux enjeux actuels.
Après tout, la France a souvent su prendre les devants, pour innover, aller loin dans l'humanisme, la démocratie. Au point de devenir un symbole mondial. C'est là qu'est sa force, et c'est peut-être ce qu'elle oublie depuis des années. Soyons fous, osons, nous sommes français après tout! Prétentieux, râleurs, mais si brillants, si courageux parfois!

V.

17/01/2010

L'idée politique du mois: le mandat unique



A deux ans des prochaines présidentielles, les observateurs commencent à avancer quelques noms concernant les futurs candidats. Si le PS attire, par son désordre ambiant, la majorité des regards, on parle peu de la droite. Et si Nicolas Sarkozy ne se représentait pas? L'idée commence à faire son chemin, suite à diverses déclarations du président actuel. Partir de lui-même serait un bon moyen d'éviter tout échec. Il n'a pas besoin d'argent, a atteint la fonction suprême... Après tout, cinq ans à ce niveau de compétence, c'est déjà beaucoup.
Il se pose ici une question beaucoup plus générale: Pourquoi ne pas limiter les élus à un seul mandat? La majorité des problèmes que nous rencontrons actuellement vient de cette éligibilité non restreinte.

Lorsqu'une équipe gouvernementale est au pouvoir, son but n'est pas de pérénniser l'économie du pays, de stabiliser la situation sociale, de promouvoir la culture. Son unique motivation est une éventuelle réelection. De fait, des chiffres à très court terme, des arguments de campagne, en quelque sorte. Améliorer les statistiques, par des réformes qui ne vont pas au fond des choses, mais font illusion durant deux ou trois ans. Alors pourquoi ne pas limiter à un mandat nos chers présidents? Sans possibilité de réelection, l'objectif du chef de l'Etat change: marquer l'histoire en construisant quelque chose de durable, voilà la nouvelle essence de son action. Puisqu'il ne peut être réelu, les chiffres sur cinq ans ne l'intéresseront plus. Il voudra s'inscrire sur le long terme, se posera de vraies questions de fond, pour régler réellement les problèmes, sans chercher à les camoufler.

L'immédiateté de résultat est une condition essentielle pour être réelu. Elle est aussi la raison principale des difficultés de notre pays, économiquement, et surtout socialement (problèmes dans les "quartiers" par exemple. Le but des décideurs est aujourd'hui de faire baisser les chiffres de la délinquance, pas de comprendre ce qu'il se passe vraiment). Limiter les élus à un mandat unique serait donc une solution intéressante.
Cependant, comme me l'a fait remarqué "G", un nouveau souci de taille se présente alors. Chaque nouveau président, s'il veut laisser une empreinte durable, aura pour idée première la destruction de ce qu'a fait son prédecesseur. Empêcher l'autre de laisser une trâce, c'est se donner une chance de plus d'y parvenir soi-même.

Alors, le véritable problème dans tout ça serait l'ambition personnelle de l'Homme. Le désir de "rester" dans le temps. Vaste question. Nous sommes même dans le domaine philosophique, que je ne prétends pas maîtriser. Cependant, je vois ici encore une parade, qui fera l'objet de la prochaine idée politique du mois!

V.