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02/06/2010

La chronique de V. 3 : L'environnement, où en sommes-nous?


J'ai suffisamment descendu l'Europe dans ma dernière chronique. Pour une fois, soyons un peu subjectifs, et réjouissons-nous:
En terme d'environnement, la France et l'Europe sont très en avance sur le reste du monde.

Les universités de Yale et Columbia ont en effet publié un classement liant les choix politiques des pays, et les performances qui en découlent, sur le plan environnemental. Une sorte de test d'efficacité en somme. Pour ce faire, 25 indicateurs sont pris en compte, au regard de l'état de l'environnement, ainsi que de la durabilité et la vitalité des écosystèmes.

S'il n'est pas parfait, parce que les statistiques fiables manquent, ce classement donne tout de même une bonne idée d'où se situent les grands pays mondiaux en la matière.

Venons en aux faits. Comme je vous le disais, la France (7ème) met une belle petite claque aux grands pays que sont les Etats-Unis (61èmes), La Chine (121ème), ou encore l'Inde (123ème). Nos copains de l'UE se défendent, l'Allemagne est 17ème, le Royaume-Uni 14ème. La Suède, bien évidemment, est devant nous, mais on commence à en avoir l'habitude. Reste-t-il un secteur où ils nous sont inférieurs? Pas sûr...

En regardant sous un autre angle ce classement, on peut noter les intéressantes présences de Cuba à la 9ème place, du Chili à la 16ème, ou encore du Brésil à la 62ème, loin, très loin devant les autres pays émergents que sont la Chine et l'Inde.

Si dans les années à venir l'environnement venait à prendre une vraie grande place sur la scène politique mondiale, nul doute que ces pays-là pourraient compter bien de l'avance sur les actuels géants asiatiques. Et l'échiquier du monde en serait, pourquoi pas, une nouvelle fois modifié.

Le rapport complet sur: http://epi.yale.edu/
Source infographie: Le Monde du Dimanche 30 mai 2010

06/05/2010

La chronique de V. 2: Que faire de l'Union Européenne?





"La seule solution d'une grandeur française, c'est de faire l'Europe." Fernand Braudel (j'avoue qu'il est un peu mon chouchou ) a par cette affirmation, lui le pointilleux statisticien, et surtout brillant historien, relevé une vérité entendue.

Entendue, mais remise en cause aujourd'hui. Et si, finalement, l'Union Européenne et le déclin de l'influence française dans le monde n'étaient pas deux phénomènes étrangers?

Il est important déjà de comprendre que nous ne sommes plus un pays phare. Contrairement à ce que l'on veut nous faire croire tout au long de nos études, non, la France n'est plus ce qu'elle était sur le plan international. Vous remarquerez d'ailleurs que nos derniers arguments sont le siècle des Lumières, qui a sa carte vermeille depuis un paquet de temps, et la colonisation, qu'on préfère taire tant elle est faite de contrastes. Depuis, plus rien.


Mais la question est aujourd'hui de savoir de quelle Europe parlait Fernand Braudel. Parlait-il d'une Europe sure de sa force, se contentant d'unir en partie ses économies, et comptant sur sa supériorité dans les autres domaines pour faire le reste?
Paul Valéry avait exprimé ce sentiment de supériorité qui nous habite de la manière suivante : "L’Europe deviendra-t-elle ce qu’elle est en réalité, c’est-à-dire un petit cap du continent asiatique ? Ou bien l’Europe restera-t-elle ce qu’elle paraît, c’est-à-dire : la partie précieuse de l’univers terrestre, la perle de la sphère, le cerveau d’un vaste corps ?"


La verité, c'est que l'Union européenne telle qu'elle existe aujourd'hui n'a aucun sens, aucune autorité, aucun poids, et surtout, aucun avenir. La crise grecque, les difficultés espagnoles, italiennes, britanniques, et même françaises, sont seulement une coïncidence. Une coïncidence qui pourrait précipiter la mort de l'Union.

Non, l'Europe dont parlait Braudel n'était assurément pas la nôtre. Elle devait plus certainement ressembler à celle que Montesquieu décrivit dans ses Lettres persanes : "L’Europe est un État composé de plusieurs provinces".
Un véritable Etat fédéral, voilà ce qu'il aurait fallu. Comme l'a dit Jacques Attali ce matin sur France Inter, la solution était là. Avoir un véritable gouvernement européen, avec des Etats indépendants, mais des lois européennes, et une véritable identité. Surtout, et c'est ce qui manque à notre Union, une politique étrangère commune. C'est ce qu'ont fait les Etats américains, en devenant les Etats Unis d'Amérique.
Si l'on veut d'une Europe, c'est celle-là que l'on doit construire. Quitte à repartir de zéro, et à en réduire ( grandement) l'effectif.

Mais j'ai bien peur qu'il soit déjà trop tard, et qu'une véritable crise ne soit devenue inévitable...

21/04/2010

"Soudain, la terre est redevenue immense"





L’éruption récente en Islande a fait, et fait toujours, beaucoup parler. Si moi-même j’ai vécu « l’ENFER de l’avion annulé » dimanche matin ( on vous racontera sous peu cet ENFER ), je préfère ouvrir un peu le débat sur ce qu’on entend à droite et à gauche ( rien de politique là-dedans! ).

La grande majorité, tel Jean d’Ormesson, observe que la nature envoie là un avertissement sans frais ( puisque sans victime ). Que l’homme est rappelé à l’ordre; oui, nous sommes bien peu face aux phénomènes naturels, nos technologies ont des limites, qui semblent bien insurmontables.
Cette éruption est peut-être l’occasion de redescendre un peu de notre piédestal. De cesser de croire que tout nous est possible. A l’heure où l’écologie pointe le bout de son nez, il est une bonne chose de démontrer à tout le monde que la nature est plus forte. Que non, on ne s’en sortira pas miraculeusement grâce à une invention géniale. Si nous nous attaquons à notre planète, nous irons dans le mur.

Je suis persuadé que beaucoup pensaient encore à un miracle technologique.


La deuxième chose que je noterais, et c’est là bien plus grave à mes yeux, je l’exposerai par un simple parallèle.

Depuis jeudi, des milliers d’avions n’ont pas décollé. Des milliers de personnes sont restés coincés loin de chez eux. Un simple petit volcan ( oui, il est vraiment petit ) avait frappé.
Tous les médias ne parlent presque que de ça, parce que les victimes, si on peut les appeler ainsi, c’est nous. Nous, les européens.


Mercredi, 2 000 personnes sont décédées en Chine. 12 000 sont blessées. On n’en parle déjà presque plus. On ne parle plus d’Haïti non plus. On ne s’en souviendra bientôt plus.
Qui se rappelle le tremblement de terre du Sichuan de 2008?

Bah, personne. Une broutille, 70 000 morts. 18 000 disparus. 374 000 blessés.

Vous l’aurez compris, la seconde de mes observations, c’est que la mondialisation économique n’altère en rien le nombrilisme terrifiant qui caractérise visiblement l’homme.
Je la trouve bien triste cette mondialisation-là.





Enfin, on peut-être beaucoup plus enjoué, et dire tout simplement: ce qu’a fait l’homme est incroyable.
Cette éruption et ces avions bloqués nous ont fait réaliser tous les échanges quotidiens, la complexité de notre organisation, la rapidité de nos déplacements.
L’incroyable chemin parcouru en moins d’un siècle.
Des milliers d’avions décollent chaque jour, des millions de personnes se déplacent, voyagent, travaillent à l’étranger, sont plus vite à Londres qu’ils ne seraient à 300 km de chez eux.

C’est incroyable, ce que les Hommes ont su construire.

Ca, cela donne envie de croire en l’avenir, de croire en nos semblables. Oh oui, nous sommes forts, très forts.

Ou pas.



V.